DANS LES COULISSES DE L’HISTOIRE : Vie et œuvre de Oumar ibn Said : L’esclave devenu maître

Omar Ibn Said est un érudit sénégalais né vers 1770 dans une famille aristocratique du Fouta Toro.

Il a étudié la religion d’abord auprès de son propre frère, le Sheikh Mohammed Said, ensuite auprès de Sheikh Soleiman Kembeh et Sheikh Gabriel Abdal. Pendant 25 ans, il se dévoua à la recherche du savoir. Omar Ibn Said est capturé par des esclavagistes en 1807.

Il fut emmené en Amérique dans la ville de Charleston (dans l’État de Caroline du Sud). Là, il est acheté par un petit et maigre homme du nom de Johnson. C’était un mécréant au caractère désagréable. Omar le dépeint dans son autobiographie comme méchant et sans pitié.

N’en pouvant plus, car Omar n’était pas robuste comme les autres esclaves, il déjoue la vigilance de son maître et s’échappe pour aller à Fayetteville en Caroline du Nord.

Il fera la prison dans cette ville jusqu’au jour où il parvient à attirer l’attention de ses geôliers en écrivant en arabe sur les murs de sa cellule des versets du coran. Il commença à faire l’objet de curiosité.

Said sort alors de prison grâce à un homme du nom de Bob Mumford ; il vécut avec lui quelques jours. Puis James Owen, beau fils de Mumford, lui proposa de l’emmener avec lui à Bladen. James Owen reconnut l’érudition de Omar et le traita comme un membre de sa famille. On affirme que c’est grâce à cette famille que Omar découvrit le christianisme véritable. On affirme qu’il se serait même converti à cette religion, mais beaucoup de chercheurs ne sont pas de cet avis. En tout état de cause, J. Owen lui confia l’éducation de ses enfants. En 1831, Omar ibn Said écrivit son autobiographie de 15 pages en arabe, où il retrace son parcours depuis son Fouta natal jusqu’aux lointaines rives du Nouveau monde.

En 1836, il déménage avec la famille Owen à Wilmington (toujours en Caroline du Nord) et par la suite, à cause de la guerre civile qui éclata en 1861, toute la famille se retira dans une ferme à Cape Fear River.

Omar Ibn Said est mort en 1864 à l’âge 94 ans environ ; les conditions de sa mort restent encore un mystère. Aujourd’hui, toute une communauté célèbre ce fils du Sénégal qui a passé une vie entière à lutter contre l’asservissement de l’homme par l’homme.

En 1991, pour rendre hommage à ce combattant de la liberté, une mosquée de Fayetteville (Caroline du nord) fut appelée Masjid Omar Ibn Said. Cet édifice reçoit des milliers de personnes qui viennent s’y recueillir afin de se souvenir que la liberté ne se donne pas, elle s’arrache.

Mouhamadou BARRO

 
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